ADEAR Terre-Mer
C’est la rentrée, une nouvelle saison arrive et c’est Guillaume qui a répondu à nos questions. Il en test avec la coopérative d’installation en agriculture paysanne (CIAP) Champs du Partage, partenaire du réseau INPACT.
Qui es tu et quel est ton parcours ?
Je m’appelle Guillaume, et je me suis lancé dans l’aventure paysanne depuis le 1er février 2026 en créant « les jardins de la Vonne sauvage ». Educateur spécialisé de formation, j’ai souhaité pouvoir peu à peu quitter le travail social, pour pouvoir développer mon projet en lien avec la terre, la faune et la flore. En 2023, je saute le pas et débute mon BPREA maraîchage. Une fois le diplôme en poche, le chemin reste long. Je me rapproche du CIVAM Haut bocage, qui m’accompagne alors dans mon projet d’installation (PPP, formations, constitution d’un réseau, stage 21h). Mon projet s’affine. Pourtant, il me manque quelque chose. Certainement le dernier pas qui me permettrait de dire « je suis paysan ». Ce petit coup de pouce, je l’obtiens auprès du CIVAM qui me parle de la CIAP Champs du Partage. Leur mission est de permettre au porteur de projet de tester son outil de production et ses moyens de commercialisation. De leur côté, l’équipe de la CIAP assure la partie administrative et permet au porteur de projet de développer ses compétences en matière de gestion dans l’espace test. Avec eux, la pépinière voit rapidement le jour.
Ton projet en quelques mots ?
Mon projet est de développer une micro-ferme en agriculture biologique, tout en respectant les paysages avoisinants. En effet, la ferme se situant en bordure de forêt et le long de la rivière de la Vonne, il est nécessaire de penser constamment aux liens étroits qu’il existe entre nos pratiques et la préservation de la faune et de la flore.
L’activité principale est d’abord la création de la pépinière de plants PPAM [Plantes à Parfum, Aromatiques et Médicinales] et légumes en agriculture biologique. Au cours de l’année, l’espace-test m’a cependant permis d’intégrer la vente de miel (seconde production de la ferme), qui me permet de prendre le relais sur les périodes d’été et d’hiver au marché. A moyen terme, je souhaite également intégrer un petit élevage ovin.
L’idée globale du projet est d’avoir un ensemble de petites productions pour assurer une sécurité dans le cas de désagréments climatiques, sanitaires, ou autres.
Une rencontre ou une expérience décisive pour ton projet ?
Il y a une multitude de rencontres qui ont guidé mon projet. Il y par exemple les différents professionnels rencontrés lors de mes stages. Puis, il y a les accompagnateurs du CIVAM et de Champs du Partage, qui quotidiennement continuent de me soutenir, d’échanger… et qui m’ont aidé à constituer un véritable réseau autour de la ferme.
Mais si je remonte aux prémices du projet, je pense que c’est avant tout une culture, celle de la campagne et des paysages de Gâtine. Celle également d’une petite école de village, de l’attention donnée à l’observation de l’environnement et de la découverte du monde.
La place de l’agriculture paysanne dans tout ça ?
Pour moi, l’agriculture paysanne est celle de proximité. Elle est celle qui connaît son territoire et qui ne cherche pas à le modifier. A mon sens, elle doit aussi avoir la faculté de mettre en lien, de créer du réseau et de l’entraide. Ma vision de l’agriculture paysanne est celle d’un avenir plus responsable qui reconnecte avec la terre.
Une image, une odeur, un son que tu aimes particulièrement sur ta future ferme ?
Il y a l’odeur d’humus de la forêt avoisinante, le son de la sittelle torchepot cassant un gland, et la vision de la salamandre en bordure de chemin.
Quelque chose que tu as appris sur le chemin de l’installation paysanne et que tu aimerais partager aux autres porteur.euses de projet ?
On peut toujours trouver milles excuses pour ne pas sauter le pas mais une fois que c’est fait on ne souhaite pas que l’aventure s’arrête.