Ce printemps, c’est Romaric, installé d’abord en PPAM puis en grandes cutures, qui a répondu à nos questions.
Merci à lui et bonne route !
Qui es-tu et quel est ton parcours ?
Je m’appelle Romaric et j’ai 48 ans.
J’ai travaillé pendant une vingtaine d’années dans l’industrie.
Au décès de mes grands-parents, j’ai aidé au rangement de la ferme et le lieu m’a interpellé ! Je me suis dit que je pourrais peut-être m’y installer sous une forme différente.
Quelques mois après, je me suis lancé !
Faute de temps, au moment du lancement du projet, j’ai fait une formation non-qualifiante de six mois au lycée agricole à Venours.
Et c’est donc en 2021, à la sortie de l’épisode COVID que j’ai repris progressivement la ferme sur une petite surface en cultivant des PPAM.
Comment a évolué ton projet ?
Au début, ça a super bien fonctionné et puis petit à petit les ventes ont baissé jusqu’à mettre en péril la ferme. C’est à ce moment que mon voisin m’a proposé la reprise de sa ferme.
Je me suis rapproché de l’ADEAR et on a monté ensemble le projet économique jusqu’au dépôt de la DNJA pour l’obtention des aides régionales.
En décembre 2024, j’ai donc pu m’installer sur une ferme de 40 hectares en grandes cultures et légumineuses, conduite en Agriculture Biologique, avec une commercialisation via les Fermes de Chassagne.
Je suis entré dans une CUMA où il y a tout le matériel nécessaire. J’ai également racheté du matériel en copropriété. Et de mon côté, j’ai du matériel de fenaison, de récolte de haricots et des tracteurs.
Ta ferme aujourd’hui, où en es-tu ?
Je suis actuellement dans ma deuxième année de récolte. La première année a été compliquée, en particulier à l’automne quand je me suis cassé une cheville le premier jour de la récolte….
Désormais, l’objectif est de bien maîtriser les cultures, d’optimiser les rotations et d’atteindre à terme environ 60 hectares pour être plus confortable économiquement. Je souhaite aussi poursuivre le projet avec la Ferme de Chassagne qui correspond tout à fait à mon état d’esprit.
Une rencontre ou une expérience décisive pour ton projet ?
Tout s’est fait très vite grâce au voisin qui m’a proposé de m’accompagner pendant deux ans.
Sur la ferme, il y a deux types de terres, notamment des terres limono-argileuses profondes qui me demandent encore beaucoup d’apprentissage. L’aide et la coopération avec les paysans avec qui travaillaient l’ancien agriculteur sont très précieuses.
J’ai aussi fait de très belles rencontres aux Fermes de Chassagne.
Quelles sont les cultures présentes sur la ferme ?
Blé, engrain, tournesol, haricot (flageolet), chia, sarrasin, lentilles et pois chiches.
Quelle est la place de l’agriculture paysanne dans ton projet ?
J’essaie de porter les valeurs de l’agriculture paysanne du mieux que je peux. Ce type d’agriculture est au cœur de la démarche, même au milieu d’un paysage dominé par les vignes.
Une image, une odeur ou un son que tu aimes particulièrement sur ta ferme ?
Le champ de chia en fleur. C’est magnifique.
La graine de chia est un nouveau produit que nous envisageons de vendre dans les années à venir avec les Fermes de Chassagnes.
Quelque chose que tu as appris sur le chemin de l’installation paysanne et que tu aimerais partager ?
L’importance de se faire accompagner, de manière générale. Il ne faut pas rester seul.
J’ai été accompagné par le GAB et l’ADEAR Terre Mer, car tout est complexe, notamment les démarches administratives (DDTM, etc.).
Quand j’ai un besoin, j’ai pris l’habitude de solliciter les personnes et les organismes qui peuvent m’aider et me faciliter la vie.