Initiatives Paysannes Pour des fermes vivantes et diversifiées

Fiche portrait : GAEC les Franches Terres à Pont-de-Metz (80)

Ce mois-ci, Initiatives Paysannes met à l’honneur Gaëtan Vallée, associé depuis 2013 avec Emmanuel Houeix au sein du GAEC les Franches Terres à Pont-de-Metz (80). À l’occasion de la Journée Agroécologie et Agriculture Paysanne, organisée sur leur ferme en octobre, Initiatives Paysannes a remis le résultat du Diagnostic agriculture paysanne de leur structure.

Après une première carrière associative et une phase de formation, Gaëtan et Emmanuel se lancent ensemble dans l’aventure collective du maraîchage et de l’arboriculture bio près d’Amiens. Gaëtan revient sur son parcours.

Comment s’est déroulée votre installation à Pont-de-Metz ?
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Manu, qui était originaire d’Amiens, s’est rapproché de Terre de Liens avec l’intention de porter un projet d’installation sur un périmètre rapproché de captage d’eau potable sur le territoire d’Amiens Métropole.

L’installation s’est faite en 2013, mais les discussions avec Amiens Métropole et l’Agence Régionale de Santé (ARS) ont duré plus de trois ans.

Terre de Liens n’a pas acheté le foncier, mais a joué un rôle de médiation : Amiens Métropole a racheté les parcelles privées auprès des différents propriétaires, pour nous les louer ensuite.

Vous tenez à la maîtrise du temps de travail et à la rémunération. Comment arrivez-vous à respecter une durée de travail de 40 heures par semaine et à prendre 6 semaines de congés par an ?

Surtout la question des congés est quelque chose qui se réfléchit en amont. Manu et moi, quand nous nous étions installés, nous avions de jeunes enfants et cela a orienté nos priorités. On s’est dit que c’était nécessaire de garder de la disponibilité pour la vie familiale et on s’est organisés en fonction. Aucun jugement pour les collègues qui font autrement, mais on s’est imposé ce cadre. Le revers de la médaille c’est une intensité du rythme de travail plus élevé. Entre la production diversifiée et la commercialisation par la vente en direct, on est un peu moins disponibles pour des engagements en-dehors de la ferme. Mais le fait d’être à plusieurs permet aussi de mieux gérer son temps de travail.

Comment portez-vous votre engagement pour l’agriculture paysanne dans un environnement productiviste ?

Souvent, les agriculteurs qui ne font pas d’agriculture paysanne n’en ont pas forcément la possibilité, faute d’autonomie sur leurs prix de vente et leurs charges. La plupart sont emportés malgré eux dans un système productiviste classique. D’un autre côté, les pratiques paysannes comme la vente directe et l’agriculture biologique sont aujourd’hui plus développées qu’il y a 30 ans. Le développement de l’agriculture paysanne sur les territoires dépendra de la volonté des agriculteurs à s’ancrer dans des démarches collectives qui leur permettront de reconquérir de l’autonomie financière et décisionnelle.