Initiatives Paysannes Pour des fermes vivantes et diversifiées

Fiche portrait : ferme de Lucquy (08)

Ce mois-ci, Initiatives Paysannes met à l’honneur Marc Pottier, paysan dans les Ardennes (08) installé depuis 2019 à la ferme de Lucquy. Il cultive des céréales et des pommes de terre en agriculture biologique. Son système comprend aujourd’hui 50 ha de blés modernes, 8 ha de blés paysans et 2 ha d’orge paysanne, dont notre variété emblématique : "Ile de Ré" - celle qui a été maltée pour réaliser notre bière !

Qu’est-ce qui t’a motivé à cultiver des semences paysannes ?
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Avant de m’installer, j’ai travaillé sur les blés et les maïs en Poitou-Charentes.

Après mon installation, j’ai commencé avec 100g de blés paysans, puis 1kg la deuxième année avant d’atteindre 10kg l’année suivante. Il s’agit d’un mélange d’une vingtaine de variétés !

Pour l’orge, j’ai croisé quelques agriculteurs qui avaient essayé l’Ile de Ré en Charente maritime. J’en ai rapporté 1 ou 2kg dans les Ardennes avec aussi des avoines, du pop corn et du tournesol.

Je l’ai ensuite multipliée progressivement pour atteindre 10ha en 2023, avec un débouché fourrager.

Comment conduis tu tes cultures de céréales paysannes ? Rencontres tu des difficultés spécifiques ?

Cette année mes céréales paysannes s’inscrivent après une féverole, sur des sols argileux. Je n’observe pas de problème de verse sur l’orge et seulement quelques cas sur les blés, jugés raisonnables. Mon objectif de rendement tourne autour de 35 quintaux par hectare, dans une rotation longue.

J’ai testé l’association avec des pois d’hiver, mais l’orge est trop tardive pour être récoltée en même temps. Aujourd’hui, je la sème en pur à une densité de 100 kg/ha. Les rendements sont variables selon les années, de 20 q/ha les années difficiles à 45 q/ha les bonnes années. Je ne constate pas de problème particulier et je ne suis pour l’instant pas impacté par la maladie du charbon.

Quelles différences vois-tu avec les orges ou blés modernes ?

Les semis sont plus clairs et surtout, la population s’adapte progressivement au terroir et aux pratiques de l’agriculteur (date de semis, fertilisation, conduite).

Quel conseil donnerais-tu à un agriculteur qui souhaite se lancer ?

Allez- y !! Mais doucement au départ et sur de petites surfaces pour laisser le temps à la population de s’adapter à son terroir.