Initiatives Paysannes

Pour des fermes vivantes et diversifiées

Fiche portrait : Valérie Devillaine et Enzo Lavandeira de la ferme Papilles (…)

Deux passioné·es des plantes, un binôme paysanne-apprenti
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Ce mois-ci, Initiatives Paysannes donne la parole à un beau tandem paysan et une expérience partagée d’apprentissage. Valérie est paysanne dans l’Oise (60), installée depuis 2022 sur sa ferme Papilles et Camomille. Enzo, 15 ans, y travaille comme apprenti depuis 2025.

Ensemble, ils cultivent une soixantaine de variétés de PPAM (Plantes à Parfum Aromatique et Médicinales) en agriculture biologique, qu’ils commercialisent en vente directe et en circuits courts.

Qu’est-ce qui t’a poussé, Valérie, à cultiver des PPAM et comment s’est passée ton installation ?

Mon installation s’est bien passée et a été assez rapide. J’ai fini mon BPREA en décembre et je me suis installée en septembre de l’année suivante. Tous les éléments étaient bien alignés : je me suis installée sur un terrain où 90% des équipements étaient déjà en place et je n’ai pas eu d’emprunt à faire. J’’ai aussi été bien accompagnée par les structures de la région, c’est chouette que des structures comme A Petits Pas, Initiatives Paysannes et Bio en Hauts-de-France existent.

Je me suis lancée dans les PPAM d’abord par intérêt pour les plantes et pour la santé liée à notre alimentation.

J’ai aussi choisi cette production pour des questions d’ergonomie, soulever les caisses de fleurs c’est moins lourd que des caisses de patates ou de tomates ! Et ça me va d’être en extérieur au printemps et en été, puis à l’intérieur à l’automne et en hiver pour préparer les tisanes, faire l’ensachage et la commercialisation.

Comment s’est fait l’apprentissage avec Enzo ? Qu’est-ce qui a fait que tu as osé cette embauche ?

Au départ, je n’étais pas en recherche de salarié·e, je me disais que financièrement ce serait trop difficile à supporter pour la ferme. Mais en étudiant la question, j’ai vu que, dans le cas d’un apprentissage, la première année ne me coûtait pas grand-chose avec les aides publiques.

Je me sentais aussi plus légitime, dans mes compétences et mon expérience, pour me dire que j’étais en mesure de transmettre le métier à quelqu’un. J’avais aussi besoin d’une force de travail supplémentaire pour augmenter les capacités de production de la ferme.

Je connaissais Enzo avant de l’embaucher et je savais que j’avais en face de moi un jeune enthousiaste, passionné par les plantes et motivé d’apprendre ! Je savais qu’il y aurait du plaisir à transmettre car, en face il y avait du plaisir à recevoir !

Que t’apporte cette expérience d’apprentissage ?

Ça m’oblige à me reposer des questions, sur mes pratiques qui sont devenues des automatismes mais que je dois expliquer et donc re-questionner aussi parfois ! Avoir un deuxième regard sur ce que je fais et sur la ferme, ça aide à prendre du recul et à s’améliorer.

Ça redonne aussi de l’énergie de travailler avec quelqu’un qui en a beaucoup et qui est très optimiste ! Les taches pénibles ou difficiles le sont beaucoup moins quand on les partage à deux.

En tant que responsable d’apprentissage, que conseillerais-tu à un·e paysan·e qui souhaiterait embaucher un·e apprenti·e ?

De prendre le temps de faire connaissance avec la personne avant, quitte à prévoir un stage ou un essai en amont pour voir si le binôme fonctionne. Et de bien se renseigner en amont, sur les aides disponibles, qui demandent quand même pas mal de démarches administratives !

Enzo, quelles étaient tes motivations à te former en agriculture et en apprentissage ?

L’année dernière, j’ai fait une troisième en horticulture et j’aimais déjà beaucoup les fleurs et les plantes mais je ne connaissais pas la production de PPAM. Ensuite j’ai démarré un CAP en horticulture et maraichage et c’est là que l’occasion de travailler avec Valérie s’est présentée. Quand j’ai découvert la ferme ça m’a tout de suite plu. J’ai besoin de travailler dehors et d’être entouré de fleurs. J’aime le fait de faire un métier original qui suscite toujours la surprise et des étincelles dans les yeux des gens avec qui j’en parle !

Je trouve ça chouette de pouvoir démarrer dans le monde du travail aussi jeune, et j’ai la chance de vivre cette expérience avec Valérie, qui prend le temps de m’apprendre beaucoup de choses sur le métier.